Paris, le 18 juin
Se réveiller, un 18 juin, en entendant la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, députée, se proclamée la « porte-parole de la jeunesse française »… Ce cauchemar est devenu réalité ce matin. Durant ma campagne présidentielle, j’avais
mis l’accent sur l’impossibilité de porter la parole d’une jeunesse française diverse dans ses aspirations et ses conditions, l’incapacité de quiconque à la représenter dans son ensemble, préférant porter sa voix dans le débat public. Aujourd’hui, fraîchement élue, Marion Maréchal-Le Pen insulte la jeunesse française en l’assimilant à son parcours, celui d’une héritière de la dynastie politique la plus ancrée dans la vie de la Ve République.
En me battant pour l’engagement des jeunes dans la vie politique, en faisant instaurer l’éligibilité à dix-huit ans à toutes les élections, il est évident que j’imaginais d’autres visages pour porter la voix de la jeunesse au Parlement. A-t-on complètement oublié le 21 avril 2002, et cette jeunesse de France mobilisée (un peu tard, certes) contre le Front national ? En s’abstenant massivement hier, les jeunes français ont laissé la parole à des piètres représentants, dont la culture politique nous ramène au siècle dernier, et à ses pires heures d’ailleurs.
Les premiers mots qui me viennent à l’esprit sont les derniers de Georges Pompidou, aux membres de son gouvernement pour son ultime Conseil des ministres avant sa disparition : « J’ai tiré trop bas dans la vie, j’ai accepté trop de compromis. Refusez, soyez vous-mêmes, montez le ton ! ».
Si les partis républicains ne savent plus proposer une offre politique crédible à nos jeunes, donc à l’avenir de notre pays, c’est à nous de prendre notre destin en main, et de les bousculer, dans une démarche intelligente et constructive.
Non, Mademoiselle Maréchal-Le Pen, la jeunesse de France n’est pas lepéniste, elle veut une France ouverte, ambitieuse, plus juste, et elle veut avant tout améliorer sa condition, sans le ressentiment qui fonde le coeur de votre projet politique.
Maxime Verner
