À la veille de la date limite pour déposer ses parrainages au Conseil constitutionnel, je dois me rendre à l'évidence. Je ne pourrai pas recueillir le nombre requis de présentations d'élus.
Après seize mois de campagne, 32 000 kilomètres parcourus
, 304 maires rencontrés, 437 promesses de parrainages et 358 parrainages collectés, je suis bien sûr déçu.
Déçu pour toutes celles et tous ceux qui ont su compenser le manque de moyens, dû à ma condition d'étudiant boursier, par une chaîne de solidarité que nul n'aurait pu imaginer. Ils ont tout fait, et un peu plus que tout, pour que la voix de la jeunesse puisse être représentée dans l'élection présidentielle. Leur déception est légitime, mais nous devons porter cette voix dans le débat malgré tout.
Depuis quelques heures, je reçois des centaines de messages de sympathie et de soutien. J'appelle ces citoyens à me rejoindre au sein de l'Association des Jeunes de France. Nous avons décidé que l'adhésion y serait offerte jusqu'au soir du second tour de l'élection présidentielle.
Les 358 élus qui m'ont apporté leur confiance ne seront pas déçus. Édiles de petites communes, je préserverai leur anonymat, contrairement au Conseil constitutionnel, qui doit revoir la règle qui aujourd'hui retire à trop de candidats leur permis de penser et de participer au débat d'idées.
Je poursuivrai mon engagement aux côtés de mes maires porteurs. Je porterai aussi la voix de la jeunesse française auprès de nos institutions, et dans les pays où la jeunesse souffre encore davantage. Je vais ainsi prochainement partir en Haïti pour rencontrer la jeunesse haïtienne et lui témoigner des bienfaits de l'engagement pour le collectif.
Tout au long de cette campagne, j'ai rencontré des jeunes de tous les âges, de 7 à 107 ans, tournés vers l'avenir, faisant de leur mieux pour lutter contre l'injustice, trouver leur vocation et s'accomplir. J'ai découvert notre pays, dans sa diversité et son lien. Comme beaucoup de mes concitoyens, je suis déçu du débat public.
Je n'ai eu de cesse que de parler de réponses à nos concitoyens. La République, c'est la solution pour renaître ensemble. Rendre concrètes la liberté, l'égalité et la fraternité, au quotidien, pour tous, sans oublier les générations à venir.
Le visage de la République, je l'ai trouvé tous les jours dans les rencontres avec les citoyens, les ouvriers, les agriculteurs, les étudiants, les chercheurs d'emploi, les mères au foyer, les retraités, toutes les femmes et tous les hommes que j'ai rencontrés. Ils me prêtaient bien du courage, alors que ce sont eux qui ont cette qualité, la première de toutes.
Désormais, la France sait que
des jeunes, hors de tous partis politiques, peuvent proposer leurs solutions pour le destin de notre pays. La quarantaine de bénévoles qui a travaillé avec moi jour et nuit, le millier de participants à la campagne sur tout le territoire français, je tiens à les remercier ici. Nous allons poursuivre le combat.
Et pour être fidèle à notre engagement, j'appelle tous les candidats à l'élection présidentielle à prendre position sur une politique publique de la jeunesse et de l'intergénérationnel. Ainsi, je les ai invité ce matin à venir me rendre v
isite, dans mon studio de 9 m2, pour échanger sur les conditions des jeunes, leurs aspirations, leur manque de perspective, mais surtout leurs richesses, et les directions à prendre. Un candidat a déjà répondu, je l'ai rencontré ce matin, et des rencontres avec les autres candidats officiels s'organisent pour les prochaines semaines.
Je les appelle à organiser, dès cette rentrée, une consultation nationale de la jeunesse,dans les collèges, les lycées et en ligne. Il s'agira de comprendre les aspirations de nos jeunes de tous les âges, leur diversité, mais aussi leur rapport aux institutions, à la République, pour mettre sur pied une politique publique efficace en leur direction.
Je souhaite aussi que les candidats s'engagent sur un point qu'ils ont totalement occulté de leur programme : la mobilité. En effet, le signal le plus alarmant dans notre pays, c'est le chômage des jeunes. Pour y faire face, nous devons mettre toutes les chances du côté de nos jeunes, car c'est également un moyen d’investir pour tous les Français, pour notre système de protection sociale, mais aussi pour le remboursement de notre dette publique, pour notre croissance. Je propose donc à tous les candidats d'installer la préparation à l'examen du code de la route dans tous les lycées, généraux, professionnels et technologiques. Cette mesure ne coûterait pas un sou, puisqu'elle serait compensée par la suppression de l'attestation scolaire de sécurité routière, préparée au collège.
Par la suite, il faut financer la formation pratique du permis de conduire à nos jeunes en formation ou en cherchant une, s'ils s'engagent à l'accepter et qu'ils justifient de sa nécessité. Le forfait de 20 heures serait ainsi financé par un fonds, lui-même doté à hauteur d'une partie des amendes payées par les entreprises pour non-respect du quota d'apprentis en leur sein.
Enfin, l’État doit se porter garant pour nos jeunes, afin qu'ils puissent disposer d'un crédit à taux zéro pour l'achat de leur premier véhicule, plafonné à 8 000 euros.
Si les candidats prennent conscience de l'importance de consulter la jeunesse, et de lui offrir la chance de pouvoir être mobile, c'est-à-dire de s'ouvrir les champs du possible, d'avoir accès aux services publics, à la culture, à une nouvelle vie sociale, à des engagements, et bien sûr à un emploi, je répondrai présent pour les aider à mettre en place une politique publique de la jeunesse, et à porter la voix des générations futures.
Si aucun candidat ne s'engage sur ce sujet, et si leurs programmes pour la jeunesse restent sur un statu quo, nous avons du souci à nous faire pour les années à venir. Si un candidat s'impose comme celui qui protège l'avenir de la France, éponge la dette publique et porte une vision pour l'avenir de nos jeunes, je l'aiderai à porter son projet pour la jeunesse.
Je remercie encore une fois toutes celles et tous ceux qui ont participé, de près ou de loin, à cette campagne, et vous invite à me rejoindre pour poursuivre cet engagement citoyen.
Vive la jeunesse, vive la République, et vive la France !
