Paris, le 15 mai 2012

Mes chers concitoyens,

Je salue l’entrée en fonction du nouveau président de la République, François Hollande. Il est aujourd’hui le président de tous les français, et à fortiori de

s plus jeunes, lui qui a tenu à parler de jeunesse durant sa campagne présidentielle. Voilà venu l’heure de l’action.

Je ne suis pas en accord sur la vision de la jeunesse qui transpire des engagements qu’il a pris devant la nation. Aussi, je ne crois pas que ce soit des « emplois d’avenir » et un « contrat de génération » tel qu’il le formule qui permettront aux jeunes d’être davantage impliqués, reconnus et acteurs de notre pays, de nos valeurs, de notre avenir. Ce que les jeunes cherchent, c’est un moyen d’exprimer leur potentiel, leurs envies, un moyen d’éprouver leur vocation, leur vision. Tant d’énergie gaspillée dans les affres de la précarité à tous étages, du brouillard sur l’avenir individuel comme collectif.

J’adresse aujourd’hui au nouveau président de la République une proposition pour un « contrat de génération » plus respectueux de l’engagement que nous portons tous deux : la justice et la jeunesse. Ce contrat de génération se situerait à l’extérieur de l’entreprise et lierait dans les faits les jeunes générations à ceux qui les ont précédé, non par un mariage forcé ou de raison dans les organisations, mais par un engagement dans ce qui fait le cœur d’un citoyen, c’est-à-dire l’esprit de la cité et du vivre-ensemble, l’action sociale et culturelle.

Ainsi, je propose que le service civique devienne obligatoire et international. Partant de l’esprit des « peace corps » américains, créés il y a cinquante ans par le président Kennedy pour favoriser la paix et l’amitié dans le monde, nous pourrions interpeller nos jeunes en leur proposant de s’engager au moment où ils le souhaitent, entre 16 et 25 ans, pour une période six mois renouvelable une fois (soit un an au maximum) dans un « corps citoyen » partout en Union européenne et dans le monde francophone, mais aussi dans le reste de la planète. Grâce au maillage diplomatique français, cette action permettra non seulement à nos jeunes d’être utiles à un âge où la confiance en soi manque de cette reconnaissance de leur action, de leur engagement, mais aussi d’aider les pays émergents, de développer l’échange et la connaissance des différentes cultures et de promouvoir l’idéal français. D’une jeunesse à bout de souffle, nous pourrions enfin découvrir une jeunesse qui a le droit à son expérience fondatrice, qui prend conscience du destin collectif de sa génération et qui a enfin droit à une voix (une voie) pour grandir en France.

Par ailleurs, le « corps citoyen » sera composé également, dans l’idée d’un dialogue entre les générations et d’une transmission des savoirs et des cultures, de jeunes retraités, âgés de 55 à 65 ans. Tous les citoyens accédant à la retraite auront ainsi l’obligation de donner six mois (renouvelable une fois) de leur temps à des actions d’accompagnement des jeunes, sur le territoire français ou à l’étranger. Selon leurs motivations et leurs compétences, ils pourront accompagner des associations de soutien scolaire, de formation professionnelle, mais aussi aider les jeunes entrepreneurs, accompagner les jeunes vers l’insertion, la culture… Ce dialogue apaisé, cet échange de richesses entre les générations constituera un contrat de génération qui ne sera pas une aubaine pour les entreprises seules, mais bel et bien pour la société toute entière. C’est le sens d’une politique qui réconcilie justice et jeunesse, et qui donne l’occasion à chaque citoyen de découvrir, de cultiver, d’exprimer et de transmettre le meilleur de soi.

Pour défendre cette proposition, je rentrerai dès le 17 mai en contact avec le prochain ministre de la jeunesse. Je m’efforcerai, durant les cinq années qui viennent, d’être un acteur de la politique publique de la

jeunesse de notre pays, par fidélité pour mes convictions, mes valeurs et mes concitoyens. Comme à mon habitude, je travaillerai avec les élus et les citoyens de toutes tendances, qui sont intéressés par une politique publique de la jeunesse et qui veulent la faire vivre et grandir.

Plus que jamais mobilisé pour faire grandir notre pays,

 

Maxime Verner